2015 Mémoire de Guerres 

    « Mais Paris libéré... »

     

    Après une semaine de combats, la capitale française est libérée de l’occupant allemand. La foule est en liesse, partout on chante, on danse, on célèbre l’évènement. De Gaulle descend les champs Élysée, acclamé par une foule hétéroclite ou s’entasse des résistants de la première heure, des attentistes, des collaborateurs. A peine 4 mois auparavant, le maréchal qui s’adressait au peuple de Paris sur un fond de Marseillaise.

     

    Depuis le milieu de l’année 1944 et outre l’existence de nombreuses organisations de résistance (Front National, Francs-Tireurs Partisans, Libération Nord…) une nouvelle force d’insurrection créée par le P.C.F. commence à s’organiser : les Milices patriotiques. Si sur le papier celles-ci existent depuis la mi-1943 il faudra attendre la libération du pays pour les voir se concrétiser.

     

    « Les fantoches de Vichy ont voulu ravir au peuple de France, le beau nom de milice pour en couvrir un ramassis de nervis, de voyous et criminels prêts à toutes les besognes. A ce nom, héritier des plus pures traditions populaires de notre terroir, nous devons rendre aujourd’hui sa véritable signification. »

    Le Patriote_Organes des Milices Patriotiques des Bouches du Rhône, n°1 Janvier 1944

    Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

     

    L’objectif est d’armer les citoyens, faire des grèves, gêner par tous les moyens possibles l’occupant et de manière plus générale, créer une insurrection populaire.

    Le ton est donné :

    « Pas un boche ne doit traverser Paris. Pas un ne doit en sortir vivant et libre. »

    L’Armée du Peuple, Comité Départemental de la Seine des Milices Patriotiques, 24 août 1944

    Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

     

    Le recrutement se fait un peu partout en France avec plus ou moins de succès (il n’y aura par exemple aucune Milice Patriotique en Bretagne), majoritairement dans les classes ouvrières. Elles participeront de manière plus ou moins active à la libération des villes et villages du pays. Cette force devient vite un service d’ordre puissant et quasi indépendant. On voit bien là toute la complexité et la dualité des différentes branches de la Résistance à la fin de la guerre.

    Tout comme les F.F.I., les Milices outrepasseront parfois leurs prérogatives (la libération nationale) forçant les polices à s’engager avec eux ou à rendre leurs armes. Si un encadrement existe au sein des M.P. (comité municipal/départemental), dans les faits, le sentiment d’être « dans son bon droit », la toute-puissance de l’armement et aussi probablement une sorte d’euphorie de jeunesse conduit à des exactions un peu partout en France : exécutions sommaires, menaces, passages à tabac, femmes tondues...

    Ces actes, associés à l’émergence de ce contre-pouvoir des F.F.I. et Milices dans le cadre de la reconstruction nationale inquiètent le pouvoir. Pour éviter de laisser une véritable armée sans encadrement professionnel, les F.F.I. sont progressivement intégrés dans l’Armée. De même, sur décision du général de Gaulle, les Milices sont supprimées le 28 octobre 1944. Mais, suite aux réticences des groupes communistes, le C.N.R. met en place le 3 novembre les Gardes Civiques Républicains (G.C.R.) reprenant le statut et l’organisation des Milices. Cette fois, la force n’est plus « populaire » mais « républicaine », la volonté est bien d’instaurer un régime stable, de sortir des 4 années d’occupation. Dans la pratique, les G.C.R. sont dorénavant aux ordres de la police. Les gardes civiques ne sont que moyennement appréciés par la population qui souhaite dans sa majorité un retour au calme.  Ainsi, dès la fin janvier 1945, les G.C.R. sont dissous. Maurice Thorez, secrétaire du Parti Communiste déclarant :

    « Ces groupes armés ont eu leur raison d'être avant et pendant l'insurrection. La sécurité doit être assurée par les forces régulières de police constituées à cet effet. Les gardes civiques et, d'une façon générale, tous les groupes armés irréguliers ne doivent pas être maintenus plus longtemps »

    Source : Luc Capdevila, Les Bretons au lendemain de l’occupation, Chapitre 6, Presses universitaires de Rennes, 1999

     

    Le brassard présenté ici est réalisé dans un tissu assez rigide. La forme rappelle celle des brassards militaires de l’époque et le système d’attache est constitué d’une boucle à 3 ardillons qui vient serrer directement le brassard (on voit d’ailleurs les traces des ardillons sur le tissu). Sur un fond blanchâtre, on retrouve deux bandes de tissu : bleue et rouge, afin de former le Tricolore. On devine également les lettres « GCR » ainsi que les tampons : « Gardes Civiques Républicains/ Comité Parisien de Libération » et « Gardes Civiques Républicains/ Saint-Germain » indiquant la provenance de ce brassard.

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